Atelier 21- Violences faites aux femmes à travers le monde : Les « insoumises » résistent

Partenariat :
L’Union régionale des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) de
Bretagne, Association Angola Congo Bretagne (ACB), Femmes Solidaires de St-Malo et l’Association
MATA (Association franco-nigérienne pour la promotion des droits des femmes et de l’enfant).
L’atelier s’est organisé autour du film documentaire « Les insoumises » d’Eric Guérêt et de Frédérique
Menant : la parole est donnée à des insoumises en Inde, au Mali, en Thaïlande, en Turquie et en France qui se battent à leur échelle locale contre les violences faites aux femmes : élimination des foetus féminins (Inde), l’excision des filles (Mali), les crimes d’honneur (Turquie), la prostitution (Thaïlande) et les violences conjugales (France). L’ atelier a été suivi d’un échange/débat avec les participants-es.
Participation :
38 personnes ont participé à l’atelier dont une majorité de femmes. Un questionnaire anonyme sur place a été distribué aux participants-es pour recueillir leur avis sur l’atelier et sur la problématiques des violences faites aux femmes. 21 personnes ont répondu au questionnaire.
Questions posées dans le questionnaire :
- vous être un H ou une F
- votre âge
- votre lieu de résidence
- vous découvrez l’ampleur internationale des violences faites aux femmes
- quelles sont les violences faites aux femmes dont vous aviez déjà entendu parler avant de participer à l’atelier
- que pensez vous de l’investissement des hommes dans la lutte contre les violences faites aux femmes
- Avez-vous des témoignages sur les violences faites aux femmes en France et ailleurs dans le monde ?
- comment peut se manifester selon vous la solidarité internationale pour lutter contre les violences faites aux ?
- Avez-vous des préconisations pour lutter contre les violences faites aux femmes ?
- Quelle est votre appréciation sur cet atelier
- Aviez-vous entendu parler des associations qui ont organisé l’atelier ?
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Synthèse de l’exploitation des questionnaires Atelier Violences faites aux femmes les insoumises
Une majorité de femmes a participé à l’atelier, la tranche d’âge entre 22 et 35 ans était majoritaire. Les personnes résidaient dans différentes villes sur le territoire métropolitain (dont Rennes, Paris, Grenoble, St-Brieuc, Angers, Cognac, Belfort, Reze) et dans d’autres pays que la France (Mexique, Italie, RDC). La majorité a trouvé le film et l’atelier en lui-même très satisfaisants ou satisfaisants, mais pour certains-es le film est un peu long ce qui a diminué le temps imparti aux échanges/débats. La majorité des personnes représentait un public averti sur la connaissance de la pluralité des violences faites aux femmes de par le monde (élimination contrainte des foetus, excisions des filles, viols comme arme de guerre, prostitution, violences conjugales) . Toutefois les « Crimes d’honneur » semblent moins connus.
Dans leurs réponses au questionnaire les participants-es ont fait d’autres témoignages sur les violences faites aux femmes à partir de leur expérience personnelle, de leurs proches ou professionnelle : par exemple, sur les questions des discriminations administratives à l’encontre des femmes migrantes, l’interdiction de l’avortement dans certains pays, les féminicides systématisés … Les préconisations pour manifester une solidarité internationale et les celles relatives à la lutte contre les violences faites aux femmes ont été nombreuses et riches dont la mobilisation internationale et organisation de forum internationaux, les programmes d’éducation et l’exigence de condamnations pénales en particulier par les tribunaux internationaux. L’engagement des hommes dans la lutte contre les violences faites aux femmes est jugé indispensable mais bien insuffisant. Le rôle des associations est reconnu comme fondamental.
REPONSES AU QUESTIONNAIRE
TYPOLOGIE DU PUBLIC PARTICIPANT À L’ATELIER ET AYANT REPONDU AU
QUESTIONNAIRE :
Sexe 19 femmes et 2 hommes
Résidence/villes Rennes , St-Malo, St-Brieuc, Pommeret (22), Lille, Marc en Baroeuil, Angers, Reze,
Cognac, Grenoble, Belfort, Paris
Résidence/pays France, Italie, Mexique République Démocratique du Congo, Niger
Age Entre 22 et 35 ans : 12 personnes
Entre plus de 35 ans et moins de 65 ans : 5 personnes
Plus de 65 ans : 4 personnes
Un public où les femmes sont plus représentées que les hommes qui réside dans différentes villes de France et dans quatre Pays différents dont la majorité représente une tranche d’âge jeune.
THÈME VIOLENCES FAITES AUX FEMMES :
Découvrez-vous l’ampleur internationale des violences faites aux femmes :
La majorité est déjà un public averti sur la question des violences faites aux femmes
- NON : 15 personnes / OUI : 3 personnes / +ou- : 2 personnes
Quelles sont les violences dont vous aviez déjà entendu parler avant de participer à l’atelier :
- Elimination du foetus féminin 18 personnes
- Excision des filles 19 personnes
- Trafic des femmes à des fins sexuelles 19 personnes
- Crimes d’honneur 9 personnes
- Violences conjugales 19 personnes
- Viol comme arme de guerre 16 personnes
Autres violences mentionnées par les participants-es :
- Féminicide en Colombie, Guatémala, Mexique, violences pour des raisons ethniques (populations autochtones, violences dans les conditions de travail (multinationales)
- Mariages forcés, interdiction d’avortement thérapeutique, féminicides, discrimination au niveau de l’éducation entre les filles et les garçons
- Violences faites aux femmes migrantes dans le système administratif français
- Féminicide, crime pour le genre, simple cause d’assassinat
Investissement des hommes dans la lutte contres les violences faites aux femmes vous parait-il :
- Négligeable (mentionné 2 fois), Insuffisant (mentionné 13 fois), Indispensable (mentionné 6 fois)
- Autres commentaires :
Je pense que l’investissement des hommes permettrait d’ améliorer les situations et de mieux les comprendre, mais les hommes s’investissent-ils vraiment dans cette lutte ? Je pense que les hommes ont moins d’empathie que les femmes.
Cela dépend, impossible de généraliser, mais selon moi, il y pourtant trop peu d’hommes présents auxévénements tel que celui-ci.
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Avez-vous d’autres témoignages sur les violences faites aux femmes en France et ailleurs dans le
monde ?
- Féminicide en Colombie, Guatémala (Voir document Terre des Hommes France et le groupe collectif d’associations européennes)
- Oui malheureusement des femmes de mon entourage et moi-même
- Mutilations génitales féminines
- Je travaille avec des femmes immigrées et elles sont victimes d’une double violence conjugale et notamment de la part des administrations et des institutions étatiques
- Maroc, Egypte, Infibulation au Tchad
- Oui, en RDC violences combinées : violences sexuelles, viols, violences domestiques, (Filles twangaises, Hilux, Mwenga, province du Sud-Kiwu en particulier).
- Oui, par l’intermédiaire des associations (CIDFF, MFPF, UAIR, Amnesty International)
- Un membre de ma famille a commencé à être battue, un mois après son mariage ; elle a quitté la vie commune au bout de 17 années (sans enfant) ; la belle-famille lui demandait le silence, sentiment de
culpabilisation pour elle car son mari lui disait qu’il allait « se flinguer », partie depuis 8 ans,elle vient enfin d’obtenir le divorce que son mari lui refusait ; il vient de se donner la mort et elle continue à se culpabiliser.
Comment peut se manifester selon vous la solidarité internationale pour lutter contre les violences
faites aux femmes ? :
- En faisant un maximum d’information sur les sujet et en adhérant aux associations représentatives de défense des droits des femmes et en signant les pétitions
- Installer des centres d’alphabétisation des femmes adultes, filles mères et créer des écoles pour les filles
- En parler toujours plus
- Accompagner les femmes victimes de violences et sensibiliser les populations contre ces violences et permettre une meilleure valorisation des femmes et le respect de leurs droits
- Contribuer à faire sortir du silence toutes les femmes des violences, briser les tabous
- Aider les femmes dans leur Indépendance
- En s’organisant ensemble, les femmes du monde doivent se mettre en réseau par des rencontres mondiales ou forums
- Accompagner les associations locales qui luttent dans leur contexte contre cette violence. Par exemple, en Inde l’association FEDINA soutient des groupes de « voisines » qui en cas de violences, font « honte » aux maris et accompagnent les femmes à la police pour porter plainte
- Manifestation, événement national et international, échanges d’information, mises en situation
- Echanges de pratiques entre régions, financements de programmes d’éducation aux droits des femmes dans les communautés (Education populaire) accompagnés d’alphabétisation
- L’Information, l’éducation à la vie affective et sexuelle
- La connaissance de l’autre : fille et garçon
- Parler, dire, montrer, être patiente mais savoir que rien n’est acquis et que ce qui est acquis peut se perdre et
légiférer au final
- Education, sensibilisation, partages d’expérience et d’information
- Comprendre les mécanismes qui mènent à l’oppression et à la combattre
Avez-vous de préconisations pour lutter contre les violences faites aux femmes ?
- Education, sensibilisation, media pour diffusion des informations
- Education informelle dans les écoles auprès des parents et des familles, sensibilisation à la question du genre
- Faire plus de rassemblement, démontrer les effets néfastes de ces violences mais aussi l’évolution dans cette lutte
- Faire témoigner les femmes insoumises pour qu’elles montrent l’exemple et donnent le courage aux autres
- Faire connaître les texte existants
- Intégrer les hommes
- Former dès l’enfance (dès l’école maternelle), les garçons et les filles au respect mutual
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Préconisations (suite) :
- Organisation de colloques avec des organisations de femmes mondiales
- Sensibilisation dès l’enfance au respect et à l’égalité
- Faire des campagnes de sensibilisation, d’information, de déconstruction des préjugés
- Organiser des ateliers auprès des autorités locales pour lutter contre les viols et violences femmes : fonciers,
succession foncière, héritages, prise de décisions, organisation d’émission de radio sur les droits des femmes
- Porter les violences faites aux femmes sur la scène publique et les faire reconnaître comme atteinte aux
droits de l’homme au niveau internationale
- Prendre en charge les auteurs de violences
- Porter les affaires devant le tribunal pénal international
- Continuer l’information
APPRECIATIONS SUR LA CONDUITE DE L’ATELIER :
Très satisfait : 6
Satisfait : 10
Moyennement satisfait 1
Autres appréciations :
- super vidéo, mais un peu trop long
- le film était excellent, néanmoins la durée de 2 h ne permet pas d’avoir un atelier actif sur les trois heures de
l’atelier
- manque de respiration entre le film et la présentation du projet des associations, il aurait fallu un temps de
retour avec l’audience, le film par contre est très bien, il aurait fallu insuffler le débat sur la condition de la la
femme mondialement en prolongement du film
DE QUELLES ASSOCIATIONS AVIEZ-VOUS ENTENDU PARLER AVANT CET ATELIER .
Très peu de réponses
CIDFF cité 7 fois, Femmes Solidaires de St-Malo cité 2 fois, ACB cité une fois
CONCLUSION :
Les organisatrices de l’atelier souhaitent que les violences faites aux femmes dans toutes leurs
composantes, un phénomène planétaire, soit pris en compte d’une façon plus importante par les
organisatrices et organisateurs des Universités de la solidarité internationale y compris dans le bilan final sous la forme de la table ronde et d’envoi de courriers et de pétitions aux organisations
internationales (ONU).
L’égalité entre les femmes et les hommes qui passe par l’éradication des violences faites aux femmes (un archaïsme social et mondial) et l’éducation des femmes et des hommes est le préalable incontournable à la démocratie. L’éradication des violences faites aux femmes est bien une question de géo-politique et c’est la volonté politique avec l’arsenal juridique nécessaire qui peut faire avancer favorablement la question. « Le bien vivre ensemble » passe par l’étape de l’égalité entre les femmes et les hommes en droits et dans les faits.