Atelier 27

Les liens de Solidarité avec les mouvements de défense de la démocratie en Afrique

Certaines organisations de sociétés civiles africaines interviennent de plus en plus dans le domaine de la défense de la démocratie. Coups d’État, confiscations d’élections, répressions des opposants et des défenseurs de droits de l’homme…même si ces pratiques subsistent, des stratégies ont été mises en place pour les faire échouer, cet atelier nous a offert l’opportunité de revenir sur ces expériences.

Descriptif :

L’objectif de cet atelier était de réaliser une typologie des formes de résistances à tous les types d’entraves à la démocratie menées par les organisations africaines et leurs militants dans leurs pays.

La typologie des résistances inclura les réactions des pouvoirs politiques locaux (répressions ou inflexions) et internationaux, ainsi que les réactions des organisations partenaires du Nord.

Les évolutions constatées dans certains pays africains doivent conduire les participants à l’atelier à s’interroger sur les difficultés rencontrées en France pour ouvrir des débats sur le contrôle citoyen et parlementaire sur les orientations de la démocratie française, particulièrement sur les choix faits dans le cadre de la politique de la France en Afrique.
L’atelier sera construit et animé par des représentants d’organisations africaines et françaises.

Intervenant :

- Marc Ona Essangui (Brainforest, Gabon)

Objectifs de l’atelier :

- Échanges autour d’expériences
- Convergence et élaboration

Durée : 3h

Synthèse :

La Plateforme Citoyenne France Afrique a été crée en juin 2007, son objectif est l’établissement de propositions concrètes pour avoir une démarche de plaidoyer auprès des élus pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente.

La plateforme se propose de revenir au cours de l’atelier sur les effets des combats menés par des organisations africaines autour du renforcement de l’Etat de droit en Afrique. Quels sont les effets des liens tissés entre nos organisations et celles présentes en Afrique sur les évolutions démocratiques ? Quelles peuvent êtres les conséquences dans les démocraties occidentales des luttes menées dans les pays d’Afrique ?

Dans de nombreux pays africains, les décennies des années 1990 et 2000, ont vu se développer certaines libertés démocratiques. Si les élections libres et transparentes et le pluralisme des scènes politiques nationales sont encore très largement à conquérir, il existe aussi des ouvertures indéniables tant au niveau de la liberté de la presse, qu’au niveau syndical et associatif. Ces libertés conquises ont pu permettre l’émergence d’une société civile africaine, qui développe depuis lors une expertise citoyenne importante, et qui met en avant la question de la défense de ses droits.

Dans quelles conditions ces évolutions permettent-elles d’ouvrir le débat sur la gestion des ressources naturelles dans certains pays d’Afrique ? Ce débat sur les ressources naturelles permet-il de faire avancer l’Etat de droit ?

Au Gabon, Marc Ona, raconte comment son organisation a su, à partir des textes de lois existants, mettre les différents acteurs nationaux et internationaux devant leurs contradictions et les forcer à respecter les textes, qu’ils avaient eux-mêmes rédigé, encadrant l’exploitation des ressources naturelles. Au Congo Brazzaville, une campagne de communication internationale menées par de nombreuses organisations de solidarité internationale, a permis la libération des militants congolais emprisonnés pour avoir dénoncé les accords d’annulation de la dette congolaise sans que soient respectées les contreparties promises de lutte contre la corruption du régime congolais. Cette campagne a forcé la Banque Mondiale à prendre publiquement position sur cette affaire.

Malheureusement, les militants et leurs organisations sont encore trop souvent victimes des persécutions et d’assassinats, de la part des acteurs de la corruption, qui essayent par tous les moyens de s’opposer aux progrès de l’Etat de droit et de la démocratie.

Alain Deneault revient sur les « effets » qu’entraînent les poursuites judiciaires sur les militants. Les organisations et les individus subissent des pressions psychologiques et financières très importantes, parfois pendant plusieurs années, ce qui peut les affaiblir. Parfois aussi, il existe des effets positifs, dans le cas d’Alain Deneault, ce sont des collectifs d’avocats qui se sont saisis de l’affaire afin de faire avancer la législation.

Ainsi, il faut densifier les liens entre organisations pour permettre d’accroître la sécurité des militants africains, mais aussi pour faire progresser l’Etat de droit dans les démocraties occidentales et dans les pays d’Afrique. Ce sont ces mouvements combinés qui permettent des victoires dans des combats déséquilibrés, mais également, à plus long terme, de faire progresser la démocratie ici et en Afrique.

P.-S.

Organisé par : Plateforme Citoyenne France Afrique (PCFA) - Survie, Secours Catholique, CCFD – Terre Solidaire, ACAT, Oxfam France – Agir Ici, Le Mouvement de la Paix, Réseau foi et justice, Peuples Solidaires – ActionAid, CEDETIM.