Atelier 1

Regards croisés sur des stratégies différentes de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

L’atelier a proposé une réflexion sur la nécessaire adaptation des méthodologies d’intervention des projets de solidarité internationale, en fonction des stratégies développées par les États et les populations en termes de sécurité alimentaire.

Descriptif :

Les États d’Afrique de l’Ouest développent des politiques de sécurité alimentaire différentes qui, confrontées à des périodes de tension des marchés, crises successives depuis 2008 notamment, peuvent montrer leurs limites.

A partir des exemples opposés de deux pays frontaliers (soutien au marché céréalier local au Mali, importations et aide alimentaire en Mauritanie), Afrique Verte et le GRDR se sont proposés d’exposer deux types de stratégies d’intervention déployées pour contribuer à une meilleure sécurité alimentaire des populations locales.

L’animation s’est poursuivi par un échange sur la pertinence des projets de solidarité internationale pour sortir de la crise : bien-fondé des types interventions, atouts et contraintes des contextes nationaux et internationaux, points de blocages à lever…

Intervenant(e)s :

- Nicolas Lebeurier (responsable communication et partenariats, Afrique Verte)
- Demba Mamadou Sow (Coordinateur du GRDR Bakel/Matam, Sénégal Oriental)

Animation : Guillemette Cellier (GRDR)

Objectifs de l’atelier :

- Échanges autour d’expériences
- Convergence et élaboration

Durée : 3h

Synthèse :

Une présentation du contexte mondial en termes d’alimentation et d’agriculture a mis en avant les inégalités et injustices qui prévalent dans le monde : la faim ne régresse pas et plus des ¾ des victimes sont agriculteurs. La crise d’accès aux produits alimentaires de 2008 a pointé du doigt les dysfonctionnements des systèmes agricoles et conforté les stratégies des acteurs de la solidarité internationale déjà impliqués dans la promotion de l’agriculture familiale au Sud.

A partir de l’analyse de deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest aux politiques nationales de sécurité alimentaire très différentes (la Mauritanie dont la stratégie nationale de « sécurité alimentaire » a toujours reposé sur les importations à bas prix et des politiques agricoles peu incitatrices, et le Mali, qui a très tôt soutenu le principe de souveraineté alimentaire avec une implication forte des organisations paysannes dans la construction de la politique agricole), complétée par les expériences des participants, l’atelier s’est intéressé à étudier à quels niveaux la solidarité internationale pouvait être moteur de sortie de la crise alimentaire. Les différents échanges d’expériences ont montré qu’il n’y avait pas de solution type, de plan d’action général souveraineté alimentaire qui pourrait être appliqué dans toute l’Afrique de l’Ouest, mais une diversité d’actions qui doivent être adaptées au contexte local.

Trois niveaux principaux d’intervention ont été développés et ont montré leur potentiel de sortie de crise :
- l’appui à l’amélioration de la mise en relation des acteurs locaux de la filière agricole (entre producteurs excédentaires et consommateurs),
- l’appui différencié aux chainons de la filière agricole (de la production à la transformation, en passant par l’appui à la commercialisation et à l’information des consommateurs),
- et l’appui aux OP et ONG locales pour la construction d’un plaidoyer fort sur la thématique (du niveau local au sous-régional).

L’importance de la connaissance fine des stratégies locales de sécurité alimentaire a été mise en évidence. En effet, face à un contexte agricole peu incitatif et à des pratiques culturales qui peuvent être très demandeuses en main d’œuvre, des expériences réussies dans certains pays (Burkina) ne sont pas forcément adaptées dans un pays proche.

Ainsi, les échanges ont montré que les acteurs de la solidarité internationale pouvaient être moteurs de sortie de crise en proposant aux décideurs politiques des alternatives de valorisation des ressources locales adaptées au contexte, mais que les acteurs de la solidarité internationale n’étaient pas là pour intervenir à la place des États.

Au terme de cet atelier, les participants se sont mis d’accord pour ressortir une idée forte :
« Proposer aux pouvoirs politiques des alternatives concrètes pour une souveraineté alimentaire s’appuyant sur les ressources et stratégies locales des producteurs ».

Documents complémentaires :

Sites
- Site de l’Afrique verte

- Site de Promotion et de vente de produits locaux transformés

- Site de farines infantiles à base de produits agricoles locaux
- http://www.aopp-mali.org

- http://www.fondation-farm.org

- http://www.inter-reseaux.org

Rapports et bibliographie :

- "Flambée des prix alimentaires internationaux : opportunité ou désastre pour les populations les plus pauvres ?", Working paper, MOISA 2008.

- "Comment gérer l’instabilité des prix alimentaires dans les pays en développement ?", Working paper, MOISA 2009.

- "Crise alimentaire mondiale ou effondrement du pouvoir d’achat ? Causes mondiales et conséquences au Sahel", fiche de positionnement, Afrique Verte 2008.

- "L’agriculture au Sahel : l’exemple du Mali, du Burkina Faso et du Niger", Afrique Verte 2004.

- "Le soutien aux groupements féminins de transformation de céréales", Afrique Verte et Terre des Hommes 2009.

P.-S.

Organisé par : Groupe de Recherche et de Réalisations pour le Développement Rural (GRDR), Afrique Verte.