Atelier 4

Pour un développement économique et social soutenable en Afrique : le rôle de la finance solidaire

Cet atelier a exploré les principes et les outils de la finance solidaire et a présenté l’impact que celle-ci peut avoir dans le développement économique et social en Afrique, à partir d’expériences de terrain concrètes.

Descriptif :

Dans un contexte de crises multiples, alimentaire, financière, économique, la finance solidaire développe des mécanismes alternatifs pouvant faire figure de contre-modèle. En ayant pour principe premier de remettre l’Homme au cœur de l’économie et de la finance, elle offre des possibilités aux sympathisants de la solidarité internationale ou aux épargnants militants, au Nord, de placer une partie de leurs économies éthiquement dans des sociétés financières solidaires, afin de donner une utilité sociale à leur argent.

Plusieurs de ces sociétés sont engagées dans le financement de petites activités économiques créatrices d’emploi en Afrique, notamment par le biais de la microfinance. Elles visent à faire émerger des projets respectueux de l’environnement et des conditions de travail, générant un réel développement économique local. En Afrique, le financement de l’économie se fait de façon inégalitaire et ignorant les pauvres. Dans ce cadre, il est important que les militants d’ici puissent découvrir et s’approprier des outils nouveaux permettant de contribuer de façon originale à la lutte contre la pauvreté.

Plan de l’atelier :
- La microfinance : mécanismes généraux, exemples, impact sur la pauvreté, limites.
- Témoignages : projets soutenus en Afrique par des acteurs de la finance solidaire.
- Épargner solidaire ICI pour appuyer ces actions de développement en Afrique : comment ça marche.

Intervenant(e)s :

- Amadou Abidina Ly (ADECO, Burkina Faso)
- Bassiratou Illa (COFIDES Nord-Sud)
- Pierre Cuche (SIAD)
6Julie Szantyr (SIDI)

Objectifs de l’atelier :

- Échanges autour d’expériences
- Expérimentations – espace pragmatique

Durée:3h

Synthèse :

La microfinance et notamment le microcrédit ont fait beaucoup parler d’eux depuis l’année 2005, proclamée Année du microcrédit par l’ONU, et l’année 2006, durant laquelle Mohammad Yunus et la Grameen Bank du Bangladesh ont reçu le prix Nobel de la Paix. Ce secteur en forte croissance permet aujourd’hui de fournir, à des conditions commerciales, des services financiers de petit volume (épargne, crédit, assurance) à plus de 150 Millions de pauvres afin d’améliorer leur situation économique. Les bons taux de remboursement enregistrés ont prouvé que cette clientèle, laissée de côté par le système bancaire, était solvable et que ses propres initiatives entrepreneuriales pouvaient être soutenues autrement que par la politique d’assistanat classique de l’aide au développement.

La finance solidaire, bien qu’encore peu connue en France, a joué un rôle important pour permettre la consolidation des institutions de microfinance, en leur apportant des fonds à faible ou long retour sur investissement, grâce à l’engagement de réseaux alternatifs, de militants ou de petits épargnants plus préoccupés par l’impact social de leurs placements que par leur rendement financier.

Dans un contexte de boom du secteur de la microfinance qui aiguise les appétits des gros acteurs du marché financier, il est important que les organisations financières solidaires tournent leur attention vers la performance sociale et environnementale des activités de microfinance. Les controverses qui ont entouré récemment le phénomène du microcrédit sur ce point ont en effet mis en lumière le fait que l’accès au crédit ne suffit pas pour sortir de la pauvreté. De plus en plus d’organisations financières solidaires s’associent ainsi à des ONG de solidarité internationale, afin de proposer aux micro entrepreneurs africains des produits couplant services financiers et services non financiers, susceptibles de répondre à l’ensemble des besoins qui entravent leur développement économique.

Dans la mise en place de ces actions, les États et les acteurs de la solidarité internationale ont un rôle actif à jouer en complément du marché, afin de promouvoir l’émergence pour les plus pauvres d’activités économiques rentables, mais également soutenables. Il s’agit là de démontrer qu’il est possible de bâtir un autre modèle de développement, où lutte contre la pauvreté s’accompagne de réduction des inégalités, maitrise des écosystèmes et justice sociale.

Documents complémentaires :

Livres :
- « Le Banquier aux pieds nus », de Jean-Michel Servet.
- « On ne prête pas qu’aux riches », de Maria Novak.

Sites :
- www.lamicrofinance.org
- www.cofides.org
- www.siad.asso.fr
- www.sidi.fr

P.-S.

Organisé par : Service International d’Appui au Développement (SIAD), Coopérative Financière pour le Développement de l’Économie Solidaire Nord-Sud (COFIDES Nord-Sud), Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement (SIDI).