Atelier 3

Femmes et hommes face à l’eau - quand la « gouvernance écologique » rencontre les enjeux sociaux : genre et eau

En partant du constat que les enjeux écologiques de l’accès à l’eau se croisent avec des enjeux sociaux - dont celui des inégalités entre femmes et hommes – cet atelier a proposé un échange et des exemples concrets sur le POURQUOI et le COMMENT de la prise en compte du genre dans des projets de solidarité internationale sur l’eau.

Descriptif :

L’accès à l’eau en quantité et qualité suffisante étant un enjeu vital qui ne concerne pas une population homogène, mais des sous-groupes caractérisés – entre autres – par leur sexe : femmes et hommes ont des rôles distincts dans l’approvisionnement en eau, ne l’utilisent et ne la consomment pas de la même manière et ont une implication très différente dans la gestion des infrastructures en eau. Qu’est-ce que l’approche genre peut apporter à des projets sur l’eau ? En quoi un projet de l’eau peut contribuer à faire accéder les femmes et les hommes à plus de libertés ? Comment peut-on concrètement faire ?

Divers points ont été illustrés et discutés dans l’atelier, à titre d’exemple :

- accès des femmes et des hommes à des ressources foncières et en eau,
- partage des taches concernant l’eau, l’agriculture...
- mécanismes de transfert de savoirs,
- processus de prise de décision au sein du ménage, des organisations locales et de la communauté.

Intervenant(e)s :

- Rosanna Quagliariello (Mediterranean Agronomic Institute of Bari)
- Christophe Brosse (PS-Eau)
- Catherine André (IATU Bordeaux 3)
- Rosie Westerveld et Elisabeth Hofmann (Genre en Action)

Objectif de l’atelier :

- Échanges autour d’expériences

Durée : 3h

Synthèse :

Le temps du bilan a permis de revenir sur la définition et les enjeux de la gouvernance, et en son cœur, la perspective genre. L’importance de comprendre le système d’acteurs-actrices dans une situations donnée, de tenir compte des facteurs de blocages culturels et religieux, de chercher des alliances stratégiques à l’intérieur et à travers des groupes ainsi que de tenir compte de l’ambigüité de la place de l’expertise (notamment mais pas seulement celle du Nord) sont tous des points clé pour construire des processus de gouvernance inclusifs. L’approche genre, avec en son cœur la notion d’empowerment, apporte un éclairage fondamental à ces cas d’études de la démocratie.

D’un point de vue plus général concernant l’apport de l’atelier à la thématique de l’Université d’été, on peut donc souligner les aspects suivants :

- il y a des obstacles inhérentes à tous processus de démocratie participative, notamment les questions d’interculture qui rend difficile d’aborder certaines questions frontalement, l’importance des jeux d’alliances entre groupes ou entre membres influents dans différents groupes et la marge de manœuvre ouverte par les tensions entre le « devant de la scène » et les « coulisses »,

- la délicatesse nécessaire dans le positionnement des expert-e-s et des expatrié-e-s qui ne doivent pas imposer des modes de fonctionnement contraires aux us et coutumes locaux, mais qui peuvent soutenir les forces endogènes « progressistes » et alliées dans la gouvernance locale en construction,

- l’importance de formaliser le plus possible le caractère participatif des modes de gouvernance (par exemple, présence des femmes dans le comité de gestion, de manière permanente).

Cette gouvernance pourrait être définie comme « l’art de gérer des ensembles complexes », l’environnement, somme de systèmes complexes, comme un terrain planétaire pour expérimenter, exercer et partager les principes et les instruments de la gouvernance qui inclut le genre (la bonne gouvernance) !

Documents complémentaires :

Sites :
- GEWAMED
- PS-Eau
- Genre en Action (article 1, article 2)

Fiches astuce « Genre et eau » de l’OCDE (en anglais)

P.-S.

Organisé par : Genre en Action, PS-Eau, Institut d’Aménagement de Tourisme et d’Urbanisme (IATU Bordeaux 3).