Atelier 2

Commerce équitable : des formes multiples pour une sortie de crise globale

Comprendre comment le commerce équitable, sous ses différentes formes (Nord-Sud, Nord-Nord, Sud-Sud), apporte des réponses multiples pour une alternative concrète au commerce mondial libéralisé.

Descriptif :

Le commerce équitable s’est construit sur les bases d’une relation de solidarité entre producteurs du Sud et consommateurs du Nord, comme réponse alternative aux inégalités générées par le commerce international libéral. Dans la même logique, et avec l’arrivée de nouveaux acteurs, de nouveaux partenariats et de nouvelles stratégies, des filières Nord-Nord et Sud-Sud se sont développés.

En quoi les démarches Nord-Sud sont-elles compatibles avec les démarches Nord-Nord et Sud-Sud ? Comment se pose la question de la relocalisation de l’économie à ces acteurs ? Quels sont les enjeux de chaque démarche ?

Nous avons proposé aux participants, de réfléchir avec les intervenants, sur les différences, points communs, complémentarité ou opposition de ces démarches ? Voir en quoi elles permettent de sortir de la crise globale.

Intervenant(e)s :

- Aissa Mbow (ONG des villageois de Ndem, Sénégal)
- Lise Tregloze (Fédération Artisans du Monde)
- Pierre Adam (A-Freak-A)
- Hervé Le Gal (Ingalan)
- David Erhart (Fédération Artisans du Monde)

Objectifs de l’atelier :

- Échanges autour d’expériences
- Débats contradictoires

Durée : 3h

Synthèse :

Le commerce équitable est né de la solidarité du nord envers les paysans du sud, c’est le commerce équitable N/S. D’autres formes de CE sont apparues : le nord/nord et le sud/sud qui consistent à appliquer localement les critères du CE. En quoi ces différentes formes de CE sont complémentaires ou opposées et à partir de là dans quelles mesures elles peuvent être une piste de sortie de crise.

Au travers de différents exemples de filières de commerce équitable (nord-sud avec l’ONG de Ndem au Sénégal, N/N avec l’Ethiket’Bus, Sud-sud avec Ndem ou avec le CIAP au Pérou), nous avons pu comprendre les avantages et inconvénients de chacune des filières. Le commerce sud sud permet d’améliorer les marges des producteurs mais demande aussi des investissements que peuvent appuyer les filières nord sud. Le commerce nord nord répond à une gestion environnementale de la crise mais n’apporte pas forcément directement, de réponse aux inégalités nord sud. Le commerce nord sud permet de soutenir des organisations fragiles qui peuvent ensuite chercher d’autres débouchés (notamment sur le local au sud).
Mais la discussion a surtout permis de faire ressortir la complémentarité de ces démarches et leur convergence. Remettre l’Homme au centre des activités économiques, rétablir de la justice sociale, environnementale dans les échanges semblent être, au nord comme au sud, des contributions concrètes pour une sortie de crise. C’est en multipliant ces initiatives et non pas en les opposant, qu’elles pourront contribuer efficacement.

Mais les participants sont aussi conscients que le commerce équitable en tant qu’outil simplement économique ne peut être une solution miracle (seulement 0,03% du commerce international) : derrière cet acte de consommateur il faut évidemment amener les citoyens à plus de conscience globale des inégalités nord sud, des conditions de commerce avec les pays du sud, pour des positionnements globaux. Que cela soit au sud ou au nord, le commerce équitable doit donc porter au delà de l’acte économique un acte éducatif et politique pour amener un changement global des modes de commerce.

Documents complémentaires :

- Site de A-Freak-A
- Site de Ingalan
- Site d’Artisans du Monde

P.-S.

Organisé par  : Fédération Artisans du Monde, A-Freak-A, Ingalan.