Citoyen-ne-s et solidaires, réinventons le monde !

En 2011, une véritable onde de luttes démocratiques et populaires s’est propagée, de Sidi Bouzid à Wall Street, en passant par la place Tahrir, Athènes, Madrid, Londres, Santiago du Chili ou encore Tel Aviv et Tokyo et Dakar. Indignés du capitalisme financier en Europe et aux États-Unis, mouvements d’émancipation dans le monde arabe, peuples indigènes protestant contre l’accaparement des ressources naturelles en Amérique latine, étudiants révoltés au Chili, citoyens mobilisés en Israël pour la justice sociale, en Grèce contre l’austérité et au Japon, contre le nucléaire,...

L’indignation devant les inégalités et les injustices sociales semble être un dénominateur commun à la plupart de ces mobilisations qui en sont venues à questionner le « système » où les « pouvoirs » en place, opposant la créativité de la « démocratie réelle à la destructivité et à l’inertie de décennies de politiques néolibérales.

Par l’occupation des places et d’autres espaces publics, la mobilisation parvient à un rayonnement extraordinaire. Ces mouvements perdurent et se renouvellent parce que leurs motivations sont inhérentes à la crise et sont renforcées par les réponses des gouvernements : politiques d’austérité pour sauver les banques et le système financier spéculatif, maintien de modèles de développement qui font des millions de victimes et hypothèquent l’avenir…

Sur le plan géopolitique, les cartes sont brouillées. Où est le Nord ? Qui est le Sud ? La stagnation économique des pays du Nord ouvre des brèches pour les émergents, Chine en tête, qui vivent une période de croissance euphorique. Si des millions de gens voient leurs conditions de vie s’améliorer dans la mesure où ils peuvent consommer un peu plus qu’auparavant et pleinement entrer dans le modèle de développement du Nord, les inégalités sociales augmentent dans le même temps et la pression sur les ressources naturelles entraînent leur épuisement.

Face à ce qui pourrait être une crise de civilisation, c’est une réponse systémique qui doit être construite : changer le système pour éviter de changer le climat ; mais aussi changer le système pour empêcher 99% de l’Humanité d’avoir à supporter la crise provoquée par une petite oligarchie mondiale. Mais comment ? Si les changements à accomplir sont urgents, ils doivent être également durables, sur le plan social comme environnemental. Ils impliqueront des rééquilibrages majeurs : entre Nord et Sud, l’Humanité et la planète, marchandises et biens communs, croissance productiviste et bien vivre,... Ils ne pourront venir que de l’intervention des acteurs de transformation sociale les plus divers : mouvements sociaux, écologistes, femmes, jeunes, peuples autochtones, acteurs de l’économie sociale et solidaire, réseaux et ONG, syndicats,...

Au lendemain du Sommet de la Terre, à Rio, fin juin 2012, l’Université d’été de la solidarité internationale sera un temps fort pour mettre en perspective, à un niveau global, les expériences locales portées par ces acteurs, affirmer les valeurs qui les guident et tester la capacité du mouvement de solidarité internationale pour imaginer, créer, consolider un langage politique, une pensée, qui participe de la construction de nouveaux paradigmes, de nouveaux projets de société.
Comment réinventer le vivre ensemble, à partir des biens communs et du respect des droits fondamentaux ?
Comment construire un système économique qui priorise la durabilité sociale et environnementale ?
Comment assurer une démocratie réelle, celle des citoyennes et des citoyens ?
En partant des réponses concrètes et immédiates à la crise actuelle, il s’agit maintenant de construire de nouveaux fondements et des stratégies de transition sociale, écologique, économique et démocratique, vers d’autres mondes possibles. 2012, année 0 ?

CRID-2 décembre 2011