Rapport de l’atelier : La manipulation technique de la terre pour réformer le climat : le plan B dont nous ne voulons pas !

Yves Rozental fait partie d’une association « coalition climat ». Il est intéressé par le coté technique et politique de cet atelier. Quels effets pervers se cachent derrière cette recherche de solutions techniques qui s’apparentent parfois à de la fiction ? Il y a aussi la biotechnologie. Tout cela génère des inquiétudes et il vient chercher de l’argumentaire.

Geneviève Azam (présente à la séance d’ouverture mardi 6) et Florence Lauzier, les deux intervenantes, ne mâchent pas leurs mots devant la bonne trentaine de militants présents. Derrière le mot géotechnologie, c’est une autre vision du monde que l’on veut nous faire passer. La définition est en effet sans appel : « intervention délibérée et à grande échelle dans le système naturel de la terre afin de contrecarrer les événements climatiques ». Quelque part les promoteurs de ces solutions attendent le choc climatique avec son lot de catastrophes et les situations de panique qui vont s’ensuivre pour vendre leurs projets d’apprentis sorciers. Ils sont bien aidés par les décideurs politiques mondiaux et attendent que la nocivité évidente de ces techniques s’efface devant la nocivité spectaculaire des catastrophes.

Les exemples sont forts et vont de techniques pour bloquer les rayons solaires (tout peindre en blanc, y compris les nuages) jusqu’aux outils pour capturer et stocker le carbone à grande échelle (de préférence dans l’océan ou en transformant les arbres en machines à stocker le carbone). Tout cela sans crainte de démolir bon nombre des écosystèmes qui sont là depuis toujours. Alors, qui va appuyer sur le bouton d’un pseudo-progrès pour en tirer le maximum de bénéfices ?

Pourtant les vraies solutions sont déjà présentes, elles ne sont pas forcément spectaculaires mais elles sont possibles pour chacune ou chacun d’entre nous. Il y une urgence absolue à rejeter ces solutions technologiques et à valoriser la résilience générale vers la transition énergétique le l’âge des low-tech (« Vers une civilisation soutenable » de Philippe Bihouix).

Les questions fusent : Comment lutter contre ce complexe militaro-technologique ? Comment contrôler démocratiquement ceux qui surfent sur ce mouvement ? Comment influencer ce projet politique multinational ? Comment condamner ces chercheurs apprentis-sorciers ? Comment gagner la bataille de l’opinion publique ? Comment convaincre les médias ?

Le débat est vif mais l’optimisme reste de rigueur. Des exemples récents (Projection de « Tant que les murs tiennent » le 8 Juillet) montrent que l’opinion bouge plus vite que les décideurs. Il faut croire en ce que nous sommes et expliquer, poser des questions, montrer que ce sont eux les rétrogrades.

Article de Claude BORCARD.